Au SXSW qui se déroule chaque année au mois de mars à Austin, Texas, tout le monde (à l’exception d’Elon Musk, fondateur de SpaceX et Tesla), aussi bien Mercedes que Trip Advisor, en passant par O’Reilly et les créateurs de Siri, a démontré un enthousiasme presqu’inconditionné pour l’intelligence artificielle et surtout… son potentiel commercial.

Les nombreuses façons dont l’IA s’apprête à changer la donne pour un grand nombre de métiers étaient au cœur des 113 conférences, panels et workshops qui ont rythmé les 4 jours du festival alternatif texan. Car si la technologie n’en est qu’à ses débuts, son champ d’applications possibles ne cesse de s’étendre.

Voir le reportage vidéo d’Arnaud de Lacoste, Chief Marketing Officer de Sitel Group

Planifier ses vacances en mode « smart »

Jeff Chow, vice-président Produit & Expérience Client de Trip Advisor, a montré la transformation du niveau de service et d’engagement client grâce à l’IA. Déployé en mars 2017, leur chatbot Messenger propose des recommandations de restaurants ou des bons plans de vols ou d’hôtels grâce aux évaluations et commentaires des consommateurs qui le « nourrissent » en permanence.

« Toute exploitation intelligente de l’IA repose sur une connaissance de l’intégralité du système auquel elle appartient », souligne Arnaud de Lacoste. « De même, dans le cadre de l’expérience client, toute application efficace de l’IA dépend d’une profonde connaissance du contexte client ».

Tout est une question de contexte

Dans la même lignée, Andrew Hill, directeur de l’apprentissage automatique et de l’expérience prédictive des utilisateurs chez Mercedes-Benz, a montré qu’une seule question pouvait engendrer différentes réponses selon le contexte, interrogeant par-là le degré d’autonomie d’une intelligence artificielle : « Dans nos interactions humaines, le contexte est primordial », relève-t-il. « Peut-on développer automatiquement une ‘conscience’ contextuelle afin  d’obtenir une interaction aussi naturelle que la nôtre ? »

Selon Hill, cette problématique des variations de contexte serait l’un des grands chantiers de R&D dans les années à venir. D’ici là, il s’agit de privilégier un usage très ciblé de la technologie pour obtenir les meilleurs résultats.

Lire notre dossier Actimag sur le rôle du contexte dans le développement de l’IA

Start Small

La restriction de son champ d’application est précisément une des raisons pour lesquelles il ne faut pas s’imaginer que l’IA et la robotique pourraient se substituer aux hommes dans toutes nos différentes tâches. Dans sa keynote, « Do More. Do Things That Were Previously Impossible [Faites en plus. Faites ce qui auparavant était impossible] », Tim O’Reilly, fondateur et PDG d’O’Reilly Media, a déclaré qu’il croyait qu’au contraire l’automatisation et la robotique allaient générer des emplois.

Si Amazon a déployé 45 000 robots dans l’ensemble de ses locaux, ces machines auraient au final créé quatre fois plus d’emplois, selon les estimations de Tim O’Reilly, Autrement dit, si l’IA est amenée à déclencher la quatrième révolution industrielle, celle-ci viendra ultimement « augmenter » la vie des hommes, et non la restreindre.

Apprendre l’empathie ?

Alors qu’on projette que 50% des foyers américains seront équipés d’assistants intelligents d’ici la fin de la décennie,  Liesl Capper-Yearsley, PDG et co-fondatrice d’Akin, Alexander Manowsky, futuriste chez Daimler AG (société mère de Mercedes-Benz) et Eleanor « Nell » Watson, ingénieure et philosophe de l’apprentissage automatique, insistent tous pour que l’éthique et l’empathie fassent partie intégrante du développement de cette technologie.

Dans ce contexte, Liesl Capper-Yearsley envisage une IA complètement anthropomorphisée en estimant qu’il faille parler à un assistant exactement comme à un être humain.

L’idée n’est pas nouvelle. En effet, les constructeurs automobiles intègrent déjà des anthropologues à leurs équipes R&D autour de la conduite autonome afin de perfectionner la compréhension du comportement humain – notamment la façon dont un conducteur signale qu’il vous a aperçu à travers une expression de visage ou vous indique par un geste que vous pouvez traverser.

« C’est révélateur d’entendre autant d’interventions sur les conversations hommes-machines que nous aurons de plus en plus fréquemment grâce au développement de l’IA.  Dans le métier de la Relation Client et tout particulièrement chez Sitel Group, nous sommes au cœur du sujet depuis longtemps, mais les entreprises sont de plus en plus nombreuses à prendre conscience de l’impact de cette technologie sur l’avenir de nos métiers. La révolution est déjà bien amorcée » annonce Arnaud de Lacoste.

Une menace pour l’humanité ?

Malgré les discussions autour de l’éthique et des moyens de pallier les dérives potentielles de l’intelligence artificielle, certaines voix – et non des moindres – viennent s’élever contre son développement.

Parmi les plus connues, on retiendra celle du PDG de Tesla, Elon Musk, qui lors d’un Q&A surprise a exprimé ses profondes inquiétudes envers cette technologie qu’il compare à une bombe nucléaire.

« Je travaille à la pointe de cette technologie et elle me fait une peur bleue. [L’IA] est capable d’infiniment plus que ce que l’on imagine et  la vitesse à laquelle elle se développe est exponentielle. » Devant ce constat, Musk réclame un encadrement légal afin de développer la technologie en toute sécurité et « en parfaite symbiose » avec l’humanité.

Une vision quelque peu alarmiste qu’Adam Chever, co-créateur de Siri, ne partage pas. Selon ses prédictions, il faudra attendre 20 voire 40 ans pour que l’IA devienne une véritable force révolutionnaire. Et pas moins de 1000 ans pour qu’une machine arrive à dépasser la plus grande intelligence humaine.

Avec ces projections, on peut se réjouir d’aborder le débat autour du développement de l’IA dès maintenant, au lieu d’attendre 3018.


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